Les élections municipales de mars prochain vont revêtir une importance et une sensibilité particulières à un an d’élections nationales déterminantes. Elles interviennent dans un temps de trouble démocratique. Elles sont un moment électoral charnière. Au nom de notre histoire, de nos principes et de nos valeurs, la Licra Loiret appelle donc sereinement l’‘ensemble des candidats à être vigilants et responsables aux yeux des électeurs dont ils souhaitent recueillir les suffrages au regard des principes républicains. Nous rappelons que notre engagement s’inscrit dans le strict respect rie la charte de la Licra : vigilance face aux idéologies de haine, refus de toute complaisance à l’égard des courants qui banalisent le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, et exigence de responsabilité de la part des élus de la République.
Sur Orléans, vingt-six années à la tête d’une ville engagent. Elles engagent lourdement. Être maire depuis plus d’un quart de siècle n’est pas un simple fait de longévité politique : c’est une responsabilité républicaine majeure. À ce niveau d’expérience, on ne peut ni se réfugier derrière I‘ignorance, ni invoquer la naïveté, ni prétendre à I’erreur de casting.
Monsieur Serge Grouard ne peut ignorer ce que représente I’extrêrne droite dans I’histoire politique française : la remise en cause de l’égalité des citoyens, la stigmatisation de minorités, Ia banalisation de discours qui fracturent la République. Lorsque, après vingt-six ans de mandat, un maire accepte sur sa liste, en position éligible, une candidate affichant des proximités publiques avec des figures emblématiques de I’extrême droite identitaire, il fait un choix. Ce choix n’est ni technique, ni anodin, ni dénué de sens politique.
Des photographies de 2025 montrant Madame Clairvie Quesne aux côtés de Marion Marêchal et de Jordan Bardella n’est pas un détail. Elles s’inscrivent dans un paysage idéologique précis, documenté, assumé par celles et ceux qui le fréquentent. À partir du moment où Monsieur Grouard intègre cette candidate à sa liste, il endosse politiquement ce signal. La responsabilité n’est donc pas diluée : elle est clairement située au sommet de I’exécutif municipal.
La République n’est pas un décor que l’on invoque en période électorale, Elle repose sur des principes non négociables : égalité, refus des discriminations, primauté de l’intérêt générai sur les stratégies partisanes. En tolérant, voire en intégrant, des passerelles avec des courants qui contestent ces principes, Monsieur Grouard fragilise la cohérence républicaine qu’il prétend incarner.
S’agissant de Madame Quesne, la jeunesse ne saurait constituer une excuse. L’âge n’exonère ni de la conscience politique, ni de la responsabilité morale. De nombreux jeunes s’engagent aujourd’hui pour la démocratie, l’égalité et Ia lutte contre les discriminations ; d’autres choisissent des voies idéologiques radicales et savent parfaitement ce qu’elles signifient. La jeunesse peut expliquer un parcours, elle ne justifie pas I’aveuglement, encore moins la complaisance à l’égard de courants qui menacent les fondements de l’État de droit.
La Licra Loiret refuse la banalisation progressive de l’extrême droite par des alliances tacites, des silences calculés ou des accommodements électoraux. Un maire expérimenté a le devoir d’être un rempart, non un point de passage. Lorsqu’il échoue à l’être, il engage sa responsabilité devant les citoyens et devant l’histoire républicaine elle-même.
La Licra Loiret appelle donc le maire d’Orléans sortant, à une clarification sans ambiguïté.
Gouverner une ville, ce n’est pas seulement gérer des dossiers : c’est incarner des valeurs. Face à la montée des discours d’exclusion et de rejet, I’exigence de cohérence et de responsabilité n’a jamais été aussi forte. Le silence, I’esquive ou la minimisation ne sont pas des options acceptables.
La Licra rappellera toujours que le Rassemblement national constitue un danger majeur pour la République en ce qu’il banalise I’exclusion, fragilise l’État de droit et remet en cause I’universalité des droits, piliers concrets de notre démocratie française.
Le bureau de la Licra Loiret et sa présidente Joëlle Gellert.
