Le maire d’Orléans récidive. Dans le cadre du lancement de sa campagne électorale, le jeudi 9 janvier, devant quelques centaines de partisans réunis pour l’occasion salle Eiffel à Orléans, Serge Grouard – conseiller municipal depuis 1995 et maire depuis vingt-cinq ans, avec une interruption de cinq années – a une nouvelle fois cédé à des amalgames outranciers entre immigration et délinquance.
Après la parole, l’écrit. Dans le tout premier point de son document de campagne distribué ce soir-là, et bientôt largement diffusé auprès de l’ensemble de la population orléanaise, l’édile en campagne, qui se revendique pourtant d’une droite républicaine héritière du gaullisme, s’enorgueillit d’avoir, « après une dure bataille avec l’État », « mis fin à l’arrivée de migrants venant de Paris pendant et après les Jeux Olympiques ». Il ajoute que cette prétendue victoire municipale s’inscrit dans un contexte « où les étrangers sont impliqués dans 30 % de la délinquance à Orléans* ». Le ton de la campagne des municipales à Orléans est donné : haro sur le migrant, sur l’étranger…
En avril 2024 déjà, l’édile avait fustigé l’action gouvernementale et son prolongement local, affirmant que des migrants étaient « déplacés » en province afin de faire « place nette » à Paris en vue de l’accueil des Jeux olympiques. La représentante de l’État, garante du principe de l’indivisibilité de la République, avait alors rappelé que dix sas régionaux d’accueil temporaire avaient été mis en place par l’État à l’échelle nationale afin d’orienter une partie des personnes prises en charge dans le cadre d’opérations de mise à l’abri.
La Licra du Loiret alerte l’opinion sur cette dangereuse dérive populiste que Serge Grouard, maire d’Orléans, et sa majorité municipale suivent depuis plusieurs années ; une dérive marquée par une complaisance croissante à l’égard des thèses et des réseaux proches de l’extrême droite. Elle déplore une succession de prises de position, de silences et de décisions controversées – de la création, en 2014, d’une délégation municipale consacrée à l’« immigration clandestine », à la « Lettre aux musulmans de France » de 2016, en passant par des amalgames récurrents entre immigration et délinquance.
La Licra du Loiret ne peut que s’élever contre cet « égarement » du chef de la majorité municipale, contre ces accointances, voire ces collusions avec l’extrême droite, dont l’électorat lui semble désormais indispensable pour une réélection espérée – la cinquième – en mars 2026.
La Licra du Loiret rappelle une nouvelle fois au citoyen Serge Grouard que notre République est fraternelle, qu’elle repose sur des principes fondamentaux d’égalité et de solidarité nationale : ce sont nos valeurs. La tentation de désigner l’étranger, le migrant, comme la cause de tous nos maux est profondément délétère.
Ces migrants, ces mineurs, ces femmes et ces hommes sont en situation d’errance et de souffrance ; ils doivent être respectés dans leur dignité et leur intégrité. La fraternité fait partie de nos valeurs républicaines, il nous appartient de la défendre en s’opposant aux dangereuses dérives extrémistes qui la menacent et risquent de faire vaciller la République. Il est du devoir de la Licra du Loiret de le rappeler : la France doit conserver son ambition républicaine et, en matière d’immigration, mener une politique volontariste d’intégration. Celle-ci doit se traduire localement par des politiques municipales d’hébergement d’urgence dignes, par l’accompagnement des exilés en grande précarité et par un accès facilité aux droits – et non leur stigmatisation.
Monsieur le Maire, nous vous l’écrivions il y a deux ans : nous n’accepterons pas de vous voir ainsi « bousculer » nos valeurs républicaines. Ici, c’est la France, la République humaniste et fraternelle, pas celle de l’exclusion et de la vindicte populiste.
* La Licra Loiret entend vérifier ces chiffres auprès des seules instances compétentes et agir le cas échéant.
Orléans, le 12 janvier 2026
Le bureau de la Licra du Loiret
