À l’occasion de l’inauguration de la salle Dreyfus au sein du Palais de Justice d’Orléans, ce flyer présente un temps fort de mémoire républicaine et d’engagement pour les valeurs de justice, de vérité et de lutte contre l’antisémitisme, en hommage à une figure emblématique de l’histoire judiciaire française : Alfred Dreyfus.




L’Affaire Dreyfus demeure l’un des plus grands scandales judiciaires et politiques de l’histoire française. Elle débute en 1894 lorsque le capitaine Alfred Dreyfus, officier d’artillerie alsacien et de confession juive, est accusé à tort d’avoir livré des secrets militaires à l’Allemagne. Dans un contexte marqué par le nationalisme, la montée de l’antisémitisme et la peur de l’espionnage après la défaite de 1870, il devient rapidement un coupable idéal. Condamné pour haute trahison à l’issue d’un procès mené dans le secret et reposant sur de faux documents, Dreyfus est publiquement dégradé dans la cour de l’École militaire à Paris en janvier 1895. Il est ensuite déporté au bagne de l’île du Diable, en Guyane, dans des conditions extrêmement dures. Peu à peu, des voix s’élèvent pour dénoncer une erreur judiciaire. Le lieutenant-colonel Georges Picquart découvre que le véritable auteur des fuites est le commandant Esterhazy. Pourtant, l’armée refuse de reconnaître son erreur et tente d’étouffer l’affaire afin de préserver son honneur. L’Affaire prend alors une dimension nationale lorsque l’écrivain Émile Zola publie en 1898 son célèbre article « J’accuse… ! » dans le journal L’Aurore. Il y dénonce publiquement les manipulations de l’armée et de la justice. La France se divise alors entre les « dreyfusards », défenseurs de la vérité et de la justice, et les « antidreyfusards », souvent animés par le nationalisme et l’antisémitisme.
Après de nombreuses années de combats judiciaires et politiques, Alfred Dreyfus est finalement réhabilité en 1906 par la Cour de cassation. Il réintègre l’armée avec le grade de commandant et reçoit la Légion d’honneur. L’Affaire Dreyfus dépasse largement le simple cadre judiciaire. Elle révèle les fractures profondes de la société française de la fin du XIXe siècle : l’antisémitisme, le poids de l’armée, les dérives de la raison d’État, mais aussi le rôle essentiel de la presse, des intellectuels et des défenseurs des droits humains. Elle demeure aujourd’hui un symbole
universel du combat pour la vérité, la justice et les valeurs républicaines. Cette mémoire républicaine a été officiellement reconnue par Emmanuel Macron avec l’instauration d’une journée nationale de commémoration dédiée à Alfred Dreyfus, célébrée le 12 juillet. Cette date rappelle la réhabilitation du capitaine Dreyfus et affirme la vigilance nécessaire face à l’antisémitisme, aux discriminations et aux erreurs judiciaires. Elle inscrit définitivement l’Affaire Dreyfus dans la mémoire nationale comme un combat exemplaire pour la République et l’État de droit.
Discours inaugural de la présidente de la Licra Loiret
Discours inaugural de la présidente de la Licra Loiret :
Tout d’abord, je tiens à remercier le palais de justice, la magistrature pour l’inauguration de cette salle Dreyfus. Donner aujourd’hui le nom d’Alfred Dreyfus à une salle du Palais de justice d’Orléans n’est pas un hommage neutre. C’est une prise de position. C’est un acte de combat. Car l’Affaire Dreyfus n’est pas seulement une faute judiciaire du passé. Elle est la démonstration implacable de ce que produit une société qui tolère le poison du racisme et de l’antisémitisme : une justice qui condamne un innocent, une République qui vacille, une vérité que l’on piétine. Nommer cette salle Dreyfus, ici, aujourd’hui, c’est refuser l’oubli. C’est affirmer que la
justice ne doit jamais plier face aux préjugés, jamais céder aux pressions, jamais trahir ses principes. C’est dire clairement que l’impartialité n’est pas une option : c’est une exigence absolue.
En tant que présidente de la LICRA du Loiret, je le dis avec gravité : notre combat est loin d’être achevé. L’antisémitisme, le racisme, les discours de haine n’appartiennent pas au passé. Ils circulent, ils s’expriment, ils menacent encore le pacte républicain. Et face à cela, nous n’avons pas le droit d’être tièdes. Cette salle est un symbole, mais elle doit être plus qu’un symbole. Elle doit être un rappel constant, presque une mise en demeure adressée à chacun : magistrats, avocats, citoyens. Une mise en demeure de vigilance, de courage et de responsabilité. Car rendre justice, ce n’est pas seulement appliquer le droit. C’est résister. Résister aux préjugés, résister aux facilités, résister à tout ce qui pourrait, un jour encore, faire d’un innocent un coupable. Dreyfus n’est pas seulement un nom. Il est une exigence.
Je vous remercie.
Joëlle Gellert
Les inscriptions sont closes pour cet événement.
12 mai, 2026 @ 18h00 – 20h30
Palais de Justice d’Orléans
44 Rue de la Bretonnerie, 45000 Orléans
https://fr.timesofisrael.com/orleans-une-salle-dreyfus-inauguree-au-palais-de-justice
